Paying for it

INFO SPECTACLE

Mise en scèneLa Brute (Jérôme De Falloise, Raven Ruëll, Anne-Sophie Sterck, Aline Mahaux, Wim Lots et Nicolas Marty)

ComédiensJérôme De Falloise, Raven Ruëll, Anne-Sophie Sterck, et 7 lauréats de l’ESACT : Martin Panel, Ninuccia Berthet, Julie Peyrat, Gabriel Bideau, Marion Gabelle, Ninon Borsei, Martin Rouet.

Création et régie sonWim Lots

Création lumière, régie générale et lumièreNicolas Marty

Régie sonJulien Courroye

Costumes/ScénographieMarie Szersnovicz

Assistanat à la mise en scèneColine Fouquet

Administration, production et diffusionCatherine Hance et Aurélie Curti

ProductionAsbl Wirikuta

CoproductionsLa Brute ASBL, Théâtre National Wallonie Bruxelles, Théâtre Jean Vilar à Vitry sur Seine, La Coop ASBL, Shelter Prod.

Avec l’aide du taxshelter.be, ING & tax-shelter du Gouvernement fédéral belge

Avec le soutien de la COCOF

LA BRUTE

Paying for it

 

En création.

PAYING FOR IT c’est « payer pour baiser » mais aussi en payer le prix moral, économique et social.C’est payer le prix fort de cette pratique vue comme coupable. Avec ce spectacle, La Brute veut interroger, à travers les prostitutions, quelle place la sexualité prend dans nos vies et nos sociétés. Quels en sont les représentations, les normes familiales, conjugales, sociétales et les tabous ?

Tant qu’il est lisse et virtuel, chez soi derrière un ordinateur ou sur des panneaux publicitaires, le sexe a la cote. Mais la présence dans l’espace public de ces corps qui demandent à être reconnus et l’existence d’échanges sexuels tarifés, cela, notre société ne semble pas pouvoir le supporter. On préfère que cela reste à la marge ou disparaisse. Notre sexualité ne serait-elle acceptable que désincarnée ?

Au nom de la lutte contre la traite, le bourgmestre Emir Kir déclare fermer les “carrés” de Saint-Josse en janvier 2019. Comment ne pas croire que cela ne va pas au contraire pousser les travailleur.se.s du sexe vers plus de précarité et augmenter la traite ? Sans statut, ces travailleu.se.r.s sont maintenus dans un cadre légal flou sans jamais accéder à la moindre protection juridique. Et si lutter contre la traite passait par la reconnaissance du travail du sexe comme TRAVAIL ?

Comment sortir ici d’un système patriarcal qui maintient les femmes dans un rôle de victime que l’endettement privé, la violence (conjugale), l’abandon ou la solitude pousse à se prostituer ? Par quel paradoxe les politiques répressives parviennent-elles à accroître la précarité des prostitué.e.s tout en affirmant lutter contre ? Quelle forme pourrait prendre l’émancipation ? Le jour où il y existera des carrés d’hommes à côté des carrés des femmes, ne sera-ce pas là la vraie égalité ? Préfère-t-on faire comme si ceux que le couple a mis en échec n’avaient plus de vie sexuelle ? Qu’est-ce qui justifie le contrôle des corps et des sexes ? Qu’on les empêche de se vivre ? Ces travailleur.se.s le disent : « Si on baise pas, on crève ». Est-ce pour cela qu’on veut les faire taire ?

« Dans le combat contre la prostitution, il y a un combat pour le contrôle de la sexualité des hommes comme des femmes. On est l’épouvantail. Grâce à nous, on dit aux autres femmes qui voudraient se libérer : « Attention ! Si vous devenez vraiment une pute, on va vous démolir ». Et on dit aux hommes, les femmes que vous avez payées c’est dans la boue que vous allez devoir les baiser. Que tirer un coup quand ils en ont envie ne soit pas une chose très agréable ni facile. Qu’il jouisse en payant s’il veut mais alors qu’il côtoie la pourriture, la honte et la misère. C’est aussi une manière de dire « Attention, il y a les mères et il y a les putes. » (Sonia Verstappen)

Si La Brute pose ces questions, c’est qu’elle a croisé sur sa route Sonia Verstappen, anthropologue et prostituée bruxelloise retraitée, porte-parole d’UTSOPI2.

En avril 2016, elle nous invite chez elle, avec les douze étudiants de l’ESACT de l’atelier que nous menions, pour répondre à nos questions. Cette rencontre constitue le choc initial de notre enquête et la certitude du média théâtral. Livrer cette parole sur scène, comme un hommage, un pamphlet, une ligne à tordre, un matériau riche d’expériences, de contradictions, de distances, de théories et d’anecdotes nous est apparu évident. Les pieds sur terre et romantique à la fois, parlant de son métier autant que du monde, Sonia n’hésite pas à nous rappeler qu’une pute, si elle vend son cul, c’est d’abord pour gagner beaucoup très vite !

« Paying for it », « payer pour ça », c’est aussi et avant tout payer. Car il s’agit aussi de questionner le marché du service sexuel et le monde ultralibéral dans lequel il s’inscrit, avec ou sans proxénète, dans la rue ou derrière une vitrine, en Europe et ailleurs.

Saviez-vous que le cours de la pipe a profondément chuté depuis les années 50 ?

Ces professionnel.le.s du sexe, en parlant de leur métier, nous invitent à penser la place du sexe dans notre société et nous présentent un miroir dans lequel nous ne voulons pas toujours nous voir. Nous souhaiterions que la fin du spectacle permette au spectateur de recomposer, comme dans un moment méditatif, une vision de sa propre sexualité et de ses fantasmes. Ce qu’il souhaite d’épanouissement sexuel pour la société entière.

Photos du spectacle