Paying for it

INFO SPECTACLE

Mise en scèneLa Brute (Jérôme De Falloise, Raven Ruëll, Anne-Sophie Sterck)

ComédiensJérôme De Falloise, Raven Ruëll, Anne-Sophie Sterck, Martin Panel, Ninuccia Berthet, Julie Peyrat, Gabriel Bideau, Marion Gabelle, Ninon Borsei, Martin Rouet.

Création et régie sonWim Lots

Création lumière, régie générale et lumièreNicolas Marty

Régie sonJulien Courroye

Costumes/ScénographieMarie Szersnovicz

Assistanat à la mise en scèneColine Fouquet

Administration, production et diffusionCatherine Hance et Aurélie Curti

ProductionAsbl Wirikuta

CoproductionsLa Brute ASBL, Théâtre National Wallonie Bruxelles, Théâtre Jean Vilar à Vitry sur Seine, La Coop ASBL, Shelter Prod.

Avec l’aide du taxshelter.be, ING & tax-shelter du Gouvernement fédéral belge

Avec le soutien de la COCOF

LA BRUTE

Paying for it

… c’est « payer pour baiser » mais c’est aussi en payer le prix moral, économique et social. C’est payer le prix fort de cette pratique vue comme coupable.

Le collectif La Brute poursuit ses recherches au cœur des lieux de l’humanité que la société préfère ne pas questionner. Fruit d’un travail d’investigation de terrain et d’écriture de plateau mené avec sept lauréats de l’ESACT, le spectacle aborde différentes réalités de la prostitution (ou plutôt deS prostitutionS). 

 

Après de multiples rencontres auprès de travailleur.se.s du sexe, de policiers de la brigade des mœurs, de clients, d’associations de défense des travailleur.se.s du sexe et d’une de leur porte-parole, Sonia Verstappen, qui accompagne le projet depuis ses débuts, les actrices et acteurs de ce spectacle incarnent la parole de ces femmes que la société veut rarement entendre. Les travailleur.se.s du sexe sont ici sur scène et nous parlent de leur métier, de leur vie, d’elles, de nous. 

 

Elles témoignent de la précarité dans laquelle certaines sont maintenues, des discriminations et des stigmates qu’elles subissent en tant que femmes, en tant que putes, en tant qu’étrangères. Elles, qui connaissent les hontes et les secrets de beaucoup d’hommes. Qui écoutent, accueillent et soignent les corps. 

Elles parlent de leurs conditions de travail dans une société qui refuse de leur reconnaître des droits. Des pratiques qui se diversifient. Elles rappellent, aujourd’hui encore, que vouloir abolir la prostitution ne mène qu’à aggraver les conditions dans lesquelles elle s’exerce et à augmenter les violences qui leur sont faites. Elles convoquent l’histoire de nombreuses femmes qui, depuis des siècles, se sont un jour prostituées pour survivre ou pour s’émanciper. De femmes – courtisanes, blanchisseuses, gantières, danseuses, strip-teaseuses, putes, etc. – qui, hier comme aujourd’hui, ont été punies pour avoir transgressé l’ordre patriarcal, pour avoir gagné de l’indépendance. Car le stigmate de putain frappe toutes les femmes, comme un coup de fouet, il est un châtiment, il menace, il contrôle. La lutte pour les droits de toutes les femmes ne commence-t-elle pas par la lutte avec les putes et pour les droits des putes ? Le spectacle espère réveiller des alliances en donnant la parole à ces femmes qui réclament qu’on cessent de les traiter comme des victimes ou des criminelles pour enfin les entendre et les regarder comme des personnes.

 

Depuis la liberté qu’elles incarnent et que la société ne cesse de vouloir contrôler, les putes nous interpellent : qu’est-ce que le sexe ? Quelle place lui donne-t-on dans nos vies ? Dans nos sociétés ? Que protège-t-on en refusant que ce soit un travail ? N’est-il légitime que dans le couple ? Que par amour ? Si on ne le reconnaît pas comme un service, alors le sexe c’est quoi ?

 

« Dans le combat contre la prostitution, il y a un combat pour le contrôle de la sexualité des hommes comme des femmes. On est l’épouvantail. Grâce à nous, on dit aux autres femmes qui voudraient se libérer : « Attention ! Si vous devenez vraiment une pute, on va vous démolir ». Et on dit aux hommes, les femmes que vous avez payées c’est dans la boue que vous allez devoir les baiser. Que tirer un coup quand ils en ont envie ne soit pas une chose très agréable ni facile. Qu’il jouisse en payant s’il veut mais alors qu’il côtoie la pourriture, la honte et la misère. C’est aussi une manière de dire « Attention, il y a les mères et il y a les putes. » 

(Sonia Verstappen)

Presse