Pueblo

INFOS SPECTACLE
Texte et mise en scèneAscanio Celestini

Interprétation David Murgia                              Musique Philippe Orivel

Traduction et adaptationPatrick Bebi & David Murgia

RégiePhilippe Kariger

Création musicale Gianluca Casadei

Production et diffusionCatherine Hance & Aurélie Curti

Production
Kukaracha ASBL

Coproduction
Théâtre National Wallonie Bruxelles, Mars – Mons-Arts de la Scène, Festival de Liège, Théâtre de Namur, Théâtre Jean Vilar de Vitry sur Seine, Centre de Production des Paroles Contemporaines/Festival Mythos, Théâtre Joliette, l’Ancre Théâtre Royal, Théâtre des Célestins

Avec le soutien de
Wirikuta ASBL

 

Kukaracha

Pueblo

« D’imposantes masses d’eau se déplacent sur la superficie de la mer. Elles provoquent des ondes sismiques qui rencontrent celles des profondeurs marines. Cette rencontre déchaine un événement prodigieux : une sorte de son planétaire sans fin que l’on peut entendre à vingt mille kilomètres de la terre, sur la ceinture de Van Allen. Ce son est le son qu’entendent certains indiens d’Amérique, ils descendent des fenêtres de leur maison, battent des pieds par terre et arrivent les anciens – c’est comme ça qu’ils appellent les nuages. Il commence à pleuvoir, et l’eau traverse le ciel et la terre et dans la mer produit son son prodigieux qui transforme la planète en une gigantesque cloche vibrante qui file dans l’espace à cent mille kilomètres à l’heure. »

C’est l’histoire d’une clocharde qui ne fait pas la manche et d’un gitan de huit ans qui fume, l’histoire d’une tenancière de bar qui gagne sa vie avec les machines à sous, d’un manutentionnaire africain et d’une poignée d’autres personnes dont on ne connaît pas le nom. C’est l’histoire des cent mille africains morts au fond de la mer. Ceci est l’histoire d’une jeune dame caissière au supermarché et de toutes les personnes qu’elle rencontre.

Ceci est l’histoire d’un jour de pluie.

L’humilité des humbles

Ce qui m’intéresse dans ces personnages, c’est leur humanité.

Je veux raconter comment ils sont avant que la violence ne les transforme en centre d’intérêt pour la presse mais je veux aussi raconter le monde magique qu’il y a dans leur tête. Le monde qui les rend beaux et qui, lui seul, peut les aider à ne pas les faire disparaître.

Les paysans lucaniens ou frioulans, les bergers sardes ou des Abruzzes, les ouvriers agricoles des Pouilles ou siciliens et tous les autres pauvres du passé qui quittaient terres et familles abandonnaient un entier horizon culturel pour chercher à s’intégrer dans l’éphémère monde du triangle industriel. Ils entraient dans l’Histoire comme des vaincus mais recevaient en échange un frigo, un chauffage central et l’italien simplifié appris à la télévision.

Aujourd’hui, les nouveaux pauvres n’auront même pas cela en échange de leur défaite.

Alors, cela vaut la peine que l’on sauvegarde au moins la culture qu’ils ont dans le cœur et la magie qu’ils cachent dans leur tête.

Ascanio Celestini

 
 

Photos du spectacle

Revue de presse